Mon corps, mon poids : ma bataille.

Mes débuts : Pendant des années j'ai été en surpoids, c'est un fait et non une hyperbole.

Depuis le collège, mon poids n'a fait que augmenter et mon corps prendre en volume, à partir de ce moment mon rapport avec mon corps est devenu conflictuel donc depuis mes 12 13 ans j'ai eu du mal avec lui et encore aujourd'hui il m'arrive de me déprécier mais ça reste moins douloureux et problématique qu'avant : merci la maturité et la vie.

 

Avant, je me contentais de vivre je ne demandais rien à personne, je marchais dans les lieux en toutes insouciance, puis la comparaison avec autrui doucement s'installa, je commençais à me comparer à mes copines, me comparer aux autres filles, comparer l’attitude des garçons envers moi et envers elles : il y avais clairement quelque chose qui n’allait pas.

J’ai toujours été plus grande que la moyenne des filles, des garçons aussi soit dit en passant, j’étais pas considérée comme une fille. Je servais de "garde du corps" pour mes copines qui jouaient avec les garçons et pour les garçons j'étais ''un pote'', ils ne me voyaient pas comme une copine ou une potentielle amoureuse j'étais la fille de qui les garçons disaient entre eux :

« Non elle !? Jamais! »,

« C’est ma pote Daisy »« C'est un mec bien » ... Les joies de la primaire et du collège,

ou plus violemment :

« Mais c’est une perche, c’est pas une fille » ... Les doux mots des enfants.

J’ai donc très vite compris que j’étais pas « une fille », j’ai décidé d’être un garçon manqué mais j'avais une grande colère en moi, je parlais mal aux professeurs, je me battais avec les garçons, j’étais agressive, méchante sans raisons, j'étais tout le temps en jogging, tout ce qu’il fallait pour que je sois encore moins considérée comme une fille par les garçons.

 

En cinquième je me suis battue avec un ami que j’appréciais beaucoup sauf qu’on ne s’est pas réconcilié et ça a brisé un truc en moi je culpabilisais beaucoup je ne connaissais pas ce sentiment..

En quatrième j’ai déménagé : changement de collège, changement de milieu. Avec ce sentiment de culpabilité en moi, j’ai décidé d’être une "fille", de me calmer, de calmer mon agressivité, de m’assagir. Tant mieux tu te dis, enfin joie et bonheur? La vie n'est pas si simple voyons car c'est là que j’ai réalisé que j’étais grosse.

Certes je savais que je n'étais pas comme les autres filles, mais je n'avais pas conscience de mon physique, uniquement de ma taille pas de mon poids. À partir de là j’ai détesté mon corps, j’ai détesté qui j’étais, je n’avais plus de considération pour moi. Oui j'ai souhaitais ma mort, non je ne me faisais pas de mal... du moins pas ce que vous pensez, j’avais des idées sombres ..

Exemple : avoir un problème grave de santé, être hospitalisée et rester à l’hôpital durant un certain temps car selon moi comme la nourriture n'était pas bonne à l'hôpital ça allait être comme un régime que j'aurai été obligée de tenir et que j'aurai réussi pour une fois. J’y croyais dur comme fer !

 

Comme je n’aimais pas mon corps et que je ne m’aimais pas, je n'avais aucun respect pour lui et comme les garçons s'intéressaient à mes formes je croyais innocemment qu'ils m’aimaient moi je me sentais considérée donc je leur faisais confiance mais au final ils ne voulaient que mon corps .. Tu sais j’étais "La grosse qu’on baise mais avec qui on ne veut pas sortir" par honte je n'étais qu'une enfant ... sans compter ma mère qui me rappelait mon poids, mon physique tout ce que je voyais et détestais déjà. Selon elle, tous ces mots étaient dit pour que je me bouge, que je prenne conscience... Oui bien sûr c’est vrai que c’est en me critiquant que je vais tout changer. Résultat? Je me réfugiais encore plus dans la nourriture : à la moindre contrariété je mangeais pour ne pas pleurer, pour me réconforter ...

Lol génial la technique n'est-ce pas? J’ai continué à me détester durant des années.

Après avoir essayé de m'accepter (en vain), avoir passé des soirées à pleurer, avoir essayé de maigrir rapidement (médicaments, laxatifs), m'être privée de nourriture à plusieurs reprises pendant parfois plusieurs jours (à éviter) et après avoir fait des prières plus que sombres...

Un jour j'ai décidé de me prendre en main et de demander de l'aide.

 

Le changement : Je suis donc allée voir une nutritionniste.

Dans mon département il y avait une campagne contre l'obésité, les troubles alimentaires chez les jeunes, j'ai vu le prospectus : j'y suis allées quelques jours après. Le verdict du rendez-vous  : obésité morbide qui aggrave mon asthme d'effort et met en danger ma santé, mes insuffisances respiratoires confirmaient totalement cette analyses. Je crois que ces mots ont été un électrochoc pour moi parce que devais la revoir 1 semaine après et j'avais perdu 5 kg, elle était si choquée ... Moi aussi !

Je ne savais pas que je pouvais perdre du poids encore moins en si peu de temps. Après ce second rendez-vous, j'ai décidé que je devais relever ce défie seule, pour mon bien, je ne suis donc pas retournée voir la nutritionniste et j'ai continué mes efforts seule.

 

Je suis passée de 126 kg à 100 kg en 2 mois.

D'un 50/52 en pantalon à un 42/44.

 

Le "secret"?

  1. Du sport.. vraiment beaucoup de sport : j'aime le sport rien à avoir avec une obligation ;
  2. Changement alimentaire : réduction des quantités, supprimer les inutiles... ;
  3. Et surtout beaucoup de détermination : se lever, se motiver seule, être son propre coach.

Je pense que le fait qu'elle ait mis des mots sur mon état m'a aidé à réellement réaliser la situation, mon esprit ayant réalisé mon corps a décidé de collaborer. Ma santé était réellement en danger.

 

* * *

La chute : Vers mes 19 - 20 ans j'ai repris du poids 10 kg.

À cause de problèmes personnels (amis, amours, scolaires), j'avais arrêté le sport et j'ai repris une mauvaise alimentation, mauvaise hygiène de vie mais grâce aux bonnes habitudes que j'avais acquis lors de ma perte de poids la prise était minime et s'est étalée sur plusieurs jours voir plusieurs mois. Quelques temps après, j'ai décidé de changer mon mode vie en faisant du sport et en faisant attention à mon alimentation mais sans réelle volonté, sans grande motivation donc ça n'a pas duré.

J'entrais doucement dans un cercle vicieux :

- faire du sport, surveiller mon alimentation : perdre du poids ;
- reprise d'une mauvaise alimentation et l'arrêt de l'activité sportive : prendre du poids ;

- puis je me reprenais en main pour rechuter encore et ainsi de suite.

J'oscillais entre 107kg et 105kg.

 

- Sans conviction, on ne va jamais très loin. -

 

Ayant eu le mode de vie que j'avais durant ma grosse perte de poids j'ai réussi à me forger un mental solide, certes je pouvais avoir des moments où je me descendais mais jamais je n'oublierai le fait que je viens de très loin et que je me suis battue. Si j'avais fait un régime brutal ou si j'avais été assisté j'aurai repris le poids perdu plus rapidement, voir repris le double du poids perdu et je n'aurai pas réussi à me relever mentalement sans assistance.

 

* * *

Le défi

Le vendredi 15.06.2020, après des mois de yo-yo au niveau du poids, de mes émotions, j'ai décidé de sortir de ce cercle vicieux, d'en finir avec cette frustration constante qui restait toujours dans mon esprit donc j'ai décidé de me donner 2 semaines pour atteindre la moitié de mon objectif physique, juste le physique pas le poids. J'ai travaillé sur moi, j'ai fait attention à mon alimentation, j'ai fait du sport, je suis restée constante, j'ai appliqué tous les conseils que je vais vous donner que j'ai appliqué lors de ma grosse perte de poids.

 

Sache que :

Le temps choisi est uniquement un défi personnel pour tester l'efficacité de mes propres conseils et me donner une deadline pour le lancement du site, de plus il faut savoir que j'ai déjà une bonne base niveau sport donc si tu pars de zéro ne te donne pas un temps si court.

 

Résultat :

Le chemin sera semé d'embûches :

Te dire la vérité sur mon parcours pour que tu réalises que ce ne sera pas une longue route tranquille.

 

Oui parfois tu vas vouloir compenser ta frustration avec de la nourriture.

Oui parfois tu vas être tellement pris par ton travail, les enfants, les examens, ta vie que tu n'auras pas le temps de surveiller ton alimentation ou de faire du sport et tu vas sûrement manger ce qui te tombera sous la main sans réfléchir.

Ce n'est pas grave !

Ne t'en veux pas.

Ne te culpabilise pas.

Ne te frustre pas pour autant !

 

Chuter n'est pas une finalité ne désespères pas si tu reprends tes mauvaises habitudes.

C'est grâce à ces chutes qu'on se renforce, qu'on apprend des leçons, que l'on s'endurcit.

C'est grâce à mes chutes que j'ai compris mes erreurs, maintenant je sais et je saurai agir en amont pour ne pas les commettre encore ou pouvoir les surmonter car rien n'est inévitable.

 

Comment veux-tu réussir si tu n'es pas prête à échouer?


Commentaires: 1
  • #1

    Marie (samedi, 11 juillet 2020 22:59)

    C'est très touchant et ça booste à ne pas lâcher à se battre. Ton parcours est vraiment motivant j'espère que maintenant tu vas réellement bien et que tu es en accords avec ton corps. Ton témoignage appuie sur la sincérité et la véracité de tes conseils merci pour ces confidences il t'en a fallu du courage.

    Du love !